Science, recherche & grand débat #24 janvier 2019

[PODCAST] Quentin Hoffer (Sème Ta Science) regrette que les mots science et recherche n’apparaissent que trop rarement dans la programmation des débats et dans les contributions postées sur le site du Grand débat national. Il termine avec un appel : « On nous donne la parole ? Eh bien et profitons en ! » Aligre FM 93.1 Le Miroir des sciences

 

Lire la chronique de Quentin Hoffer….

Bonsoir à tous. Cela ne vous aura pas échappé, le gouvernement a lancé la semaine dernière le grand débat national pour enfin, paraît-il, donner la parole à tous les français sur les sujets de société. Sans débattre de la démarche en-elle même, on peut se poser la question de ce qui se passe dans ce débat autour du sujet qui nous réunit dans cette émission à savoir : la place des sciences et des technologies dans la société.

Dans la lettre de cadrage d’Emmanuel Macron, le mot “science” n’apparaît qu’une seule fois au moment d’aborder la question de la biodiversité. Sur les sujets de recherche, à part dire qu’il faut la financer… Pas grand chose à en dire. Sur le site internet granddebat.fr qui recense les réunions organisées par les participants au débat, c’est un peu pareil. Sur plus de 800 événements, les mots “science” et “recherche” n’amène quasiment aucun résultat en lien avec les STS. Le seul événement que j’ai trouvé pouvant s’en rapprocher se déroulant dans l’Aveyron et portant ce titre : “L’effondrement de la société industrielle, faire face, s’organiser: les stratégies Luddites.”. Du côté des contributions apportées sur le site, c’est un peu mieux, mais largement minoritaire. Sur près de 30 000 contributions, j’en ai trouvé une cinquantaine sur le sujet.

Qu’est-ce qui nous empêche de créer nous-même notre propre débat ? Pour moi la question est plutôt : la place existe-t-elle pour une telle réflexion ? Le cadrage du débat met de côté les questions de culture scientifique et de médiation. D’un côté, l’Etat ne l’aborde pas dans ses documents de cadrage… De l’autre, si on l’observe de notre petit bout de lorgnette, on voit que la mobilisation actuelle montre que le sujet des sciences et techniques apparaît très éloigné des préoccupations quotidiennes des Français. Cela peut se comprendre, puisque les questions liées à la science et l’innovation technologique sont souvent rattachés à des institutions ou des acteurs privés sujets à une forte crise de confiance. Pourtant les sujets brûlants sont nombreux : actualisation de la loi bioéthique en 2019, la production d’énergie, l’alimentation, les risques technologiques, le fonctionnement de l’enseignement supérieur et de la recherche… Que des sujets très complexes où le processus de décision, déjà bien engagé, tiendra peu compte des citoyens et de leur opinion.

Alors oui, on ne peut pas aborder tous les sujets en même temps… C’est vrai, mais la manière dont on accède aux connaissances, qu’elles soient scientifiques ou non, ne devrait-elle pas être LA priorité ? Mieux comprendre le monde qui nous entoure, la manière dont nous nous organisons et comment les systèmes de valeurs sont construits, c’est le premier pas vers une société plus horizontale et plus respectueuse de chacun. Enfin, en tout cas je l’espère. Il ne faut donc pas laisser passer l’occasion de faire émerger ces sujets. Si on propose de nous donner la parole, profitons-en !

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