Le Mur de Trump contre la biodiversité (Océane Perrot) #17 janvier 2017

Les médias parlent des conséquences sociales et économiques que provoquerait l’édification du mur que veut Donald Trump tout au long de la frontière américano-mexicaine, mais cette barrière engendrera aussi de nombreux désastres écologiques dont on ne parle pas assez. Quand elle entend qu’un mur de 15 m de haut courant sur 3 200 km pourrait être édifié, Océane Perrot, notre chroniqueuse lyonnaise, tremble pour… la faune et la flore. Coup de griffe tiré du blog Troisième Baobab

 

 

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(crédit photo PIXABAY https://pixabay.com/fr/donald-trump-wall-amérique-première-2036881/)

 

           Les médias parlent des conséquences sociales et économiques que provoquerait l’édification du mur de Donald Trump tout au long de la frontière américano-mexicaine, mais cette barrière engendrera aussi de nombreux désastres écologiques dont on ne parle pas assez. Océane quand vous entendez qu’un mur de 15m de haut pour une longueur de 3200km, vous vous tremblez pour la faune et la flore ?

N’est-il pas désuet, au 21esiècle, d’ériger des murs pour « se protéger »? N’y a-t-il pas d’autres solutions aujourd’hui ? Honnêtement, les méthodes Muraille de Chine, Mur de Berlin, ligne Maginot, je n’y crois pas vraiment.

Et puis, ces grands bâtisseurs de murs ne s’intéressent qu’à eux, les hommes. Cette espèce prétentieuse qui s’autoproclameau-dessus des autres êtres vivants.  Ces êtres, tout supérieurs qu’ils prétendent être, ne daignent pas regarder au-delà de leurs nombrils. Ils ne s’intéressent pas aux impacts écologiques que provoquent ces fortifications. Ils s’en foutent, seuls leurs propres intérêts ont de l’importance. Ils oublient qu’avant de vivre un pays bien délimité par des frontières, ils vivent sur la planète.

Parce que si le mur a pour but de séparer des hommes, il séparera aussi des populations animales et végétales. Comment voulez-vous qu’une grenouille, qu’un loup ou qu’un scarabée parvienne à franchir ce mur, si aucun homme n’en est capable ?

Il ne faut pas oublier que les animaux, eux,ils s’en fichent pas mal des frontières. Ils n’ont pas besoin de passeport pour passer d’un pays à l’autre et ne demandent jamais la nationalitéde leur partenaire sexuel lors des saisons de reproduction. Ils sont indépendants et n’aspirent qu’à une seule chose : pouvoir disposer de leur territoire librementpour s’abreuver, se nourrir et se reproduire.

Suite à la promesse de construction de Donald Trump, lorsqu’il n’était encore que candidat, l’US Fish and Wildlife Service, l’organisme fédéral qui s’occupe de la gestion et de la préservation de la faune a publié en mai 2016 un rapport préliminaire qui souligne que 111 espèces animales menacées d’extinction et 108 espèces d’oiseaux migrateurs seraient encore davantage perturbées par l’existence de ce mur.

De nombreux animaux verront, en effet, leur territoire réduit drastiquement et n’auront plus accès à certaines ressources alimentaires ou à des points d’eau pour s’abreuver. Les risques de morts pour ces individus-là, manquant d’eau et de nourriture, seront alors très importants. Et si trop d’individus meurent, l’espèce peut s’éteindre.

Ensuite, si les populations sont séparées, il n’y aura plus de reproduction entre animaux mexicains et étasuniens, cela provoquerait une diminution de la diversité génétique et une augmentation de la consanguinité pouvant conduire à l’apparition de certaines maladies ou pire à l’extinction de l’espèce.

Et les conséquences pour les oiseaux migrateurs ne seront pas moins lourdes sous prétexte qu’ils peuvent voler par-delà le mur, car ces oiseaux ont pour habitude de se guider avec les étoiles. La pollution lumineuse, due aux moyens de surveillance associés au mur comme les projecteurs et les caméras, pourrait changer leur lecture de la carte stellaire et la trajectoire de ces migrateurs pourrait en être bouleversée.

D’autres oiseaux non migrateurs verront aussi leur population décliner. Je pense notamment au géocoucou, Bip-Bip pour les amis des Looney Tunes, qui bien qu’il sache voler, favorise les déplacements au sol. L’équation pour lui est vite résolue : un mur est égal à zéro déplacement.

La chevêchette brune, jolie petite chouette, ne sera pas non plus épargnée par la présence du mur, car son vol est un vol de basse altitude, favorisant ainsi la capture de ses proies. Vous la voyez déjà tous, comme moi, se prendre le mur en pleine tronche simplement parce qu’elle souhaiter manger la petite souris qui, elle est restée coincée de l’autre côté ?

Les individus vivants dans les écosystèmes aquatiques seront aussi les victimes d’un Donald Trump assoiffé de massacres écologiques. De nombreuses espèces de poissons verront leur milieu fragmenté, des populations entières de grenouilles, de salamandres ou même de crustacés seront séparées.

Je ne parle pas non plus des mollusques. Vous imaginez l’énergie qu’il faudrait à un escargot pour escalader 15 mètres de mur? Cela reviendrait à demander à Donald Trump de se faire l’ascension du mont Everest en tong.

Et puis les autres invertébrés comme le monarque, par exemple, qui chaque année effectue une migration de 4000km entre le Canada et le Mexique pour se reproduire. Imaginez-le après un tel voyage être stoppé net par un mur. Il ne supporterait pas de rebrousser chemin, le second voyage lui serait fatal et il fait beaucoup trop froid au Canada pour lui  durant l’hiver. Trouver un autre écosystème dans le sud des États-Unis ? Une échappatoire envisageable, mais il deviendrait une proie facile pour beaucoup d’oiseaux. Aucune solution valable donc pour ce petit papillon. Sauf peut-être trouver des passeurs, comme les migrants mexicains, en somme.

Les mammifères en auront aussi pour leur grade.Le mur risque de séparer ces populations et ainsi de bloquer des flux de gènes. L’extinction de certaines de ces espèces sera ainsi presque une évidence pour certains scientifiques.

Ces suppositions sont appuyées sur des études sérieuses, car en 2005, le président Bush avait déjà cloisonné la frontière par segments sur plusieurs centaines de kilomètres et les études scientifiques ont montré que les tailles de populations de cougars et de coatis vivant aux abords de ces cloisons ont diminué de manière significative.

La flore aussi sera impactée par cette construction, le pollen et les graines de certaines plantes à fleurs ne seront pas transportés au-delà du mur. Comme pour la faune, la perte de diversité génétique risque d’affaiblir ces populations végétales.

Et je ne m’étale pas sur le fait que les écosystèmes sont en équilibre et si une espèce vient à s’effondrer, de maillon en maillon toute la chaîne alimentaire peut en être affectée ni qu’avec le réchauffement climatique beaucoup d’espèces migrent vers le Nord pour survivre… La Muraille du Président des États-Unis stopperait net l’espoir de trouver un environnement plus favorable pour toutes ces espèces.

Pour lutter contre ce massacre, on aimerait trouver des solutions pour faire valoir les droits de la faune et la flore, mais elles sont maigres. Tout d’abord parce que les scientifiques n’étudient que très peu ces écosystèmes situés dans des zones sous haute surveillance militaire. Et puis si Donald Trump écoutait les conseils et avertissements des scientifiques, nous le saurions !

Il y a toutefois une section dans l’Endangered Species Act, qui stipule que tout projet de construction impliquant le gouvernement fédéral doit être revu par l’US Fish and Wildlife Service pour chaque population qui pourrait être impactée par la construction. Seulement, le gouvernement fédéral n’a pas besoin d’appliquer cet arrêté lorsqu’il s’agit de sécurité nationale. Pour Donald Trump, il est évident que tout ce qui vient du Mexique : hommes, flore, faune est dangereux pour son pays, alors il passera bien outre cette règle bienveillante à l’égard de la planète.

Il semble que Donald Trump, s’inspirant de la Grande Muraille de Chine, désire rendre visible depuis l’espace une ligne imaginaire qui n’a de sens que pour l’espèce humaine. S’il poursuit ce rêve de mégalomane le président des États-Unis pourra dire good bye à la vie sauvage dans le sud de son pays.

 

 

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