Les circuits imprimés vont se mettre au vert

L’apprentissage des sciences par la technique prend parfois des chemins inattendus, avec quelques rencontres bretonnes : l’Open Factory de l’université de Brest et la tournée régionale annuelle de l’Atelier paysan.

La Chronique de Marine Legrand : Pour introduire cette chronique je vous propose d’abord un petit retour vers le futur. François vous rappelez vous de Mad max ?

 

Cette trilogie de science fiction des années 1980, avec Mel Gibson et Tina Turner ?

Oui, pour ceux qui s’en souviennent, dans cette traversée du désert post-apocalytpique, l’essence est la seule richesse qui vaille, et pour se déplacer, qui tient le pétrole tient tout. Un univers futuriste sans vaisseaux spatiaux ni intelligence artificielle, comme on dit, mais quand même, plein d’imagination ! Et c’est bien ce qu’on demande à la SF, de nous projeter dans l’avenir…D’ailleurs, ils avaient vu juste dans mad max, quand ils nous montraient comment produire de l’énergie avec du lisier de cochon…c’était dans les années 1980. aujourd’hui c’est monnaie courante…Ainsi, la SF nous parle de sciences en s’appuyant sur une mise en scène d’innovations techniques. Qui n’existent pas encore…mais qui pourraient peut-être, avec un peu d’imagination…

 

Et au présent alors ? Est-ce que l’apprentissage scientifique passe aussi par l’expérimentation technique ?

 

Tout à fait et c’est bien le credo de ce qu’on appelle depuis la fin des années 1990, les fab lab. Autrement dit laboratoire de fabrication. Ces ateliers regroupent le plus souvent une série d’outils pilotés numériquement tels qu’imprimante trois Dé et découpeuse laser, mis à disposition de tous, pour inventer de nouveaux outils et objets en toute sécurité sans forcément avoir besoin de mettre les mains dans le camboui…mais dans la programmation informatique, par contre, si. Leur origine est d’abord universitaire.

 

 

 

Notons au passage que si l’on dit laboratoire, c’est que l’on se situe dans l’imaginaire scientifique : sinon on dirait tout simplement atelier, comme pour un maréchal ferrant, un luthier, un garagiste, ou tout autre personne qui fabrique des choses c’est à dire, un artisan. Dans le même mouvement collaboratif qui a vu naître les fab lab, des ateliers fleurissent sous forme associative, comme des herbes.

 

Les herbes aussi fleurissent ?

Oui, c’est le printemps, les herbes fleurissent, regardez les bien. C’est discret, ton sur ton, vert sur vert, mais c’est bien là…

Et les ateliers aussi ! Pour apprendre ou réapprendre à fabriquer soi-même en mettant en commun les outils, les savoirs et les mode d’emploi : des ateliers d’ébénisterie et des garages à vélo, des ateliers de couture, et de tricot…

 

Mais est-ce que qu’on s’égare pas un peu loin des sciences à parler de tricot ?

C’est à voir. Une spécialiste en la matière, vendeuse de laine à Quimper, me soutenait il y a quelques semaines qu’au fond, le tricot, c’est des mathématiques. Elle identifiait complètement les deux. Cela m’a surpris mais j’ai fini par comprendre qu’en fait, en disant ça, ce qu’elle faisait, c’est qu’elle identifiait science et technique. En fait on peut voir le tricot comme une technique qui ouvre la voie vers l’apprentissage des mathématiques. On passe par la pratique pour se saisir de principes abstraits.

 

Pour revenir à la prairie des ateliers, on parle plus spécifiquement de « maker space » pour les ateliers de fabrication numérique. Et les Fab lab sont des maker space qui adhèrent à la charte du MIT. Celle-ci n’est pas très contraignante, pose des règles de base de sécurité, partage des ressources, suivi des actions menées.

 

Rendons nous à présent en Bretagne où l’innovation technique collaborative, ces temps-ci, bat son plein.

 

A Brest, l’université de Bretagne occidentale, l’UBO a monté en 2015 l’UBO Open Factory. Inspiré des Fab Lab, ce lieu met à disposition des étudiants des outils numériques ou non, pour je cite, favoriser « l’apprentissage par le faire (…) dans le but d’améliorer la culture scientifique de chacun ». Un de leurs thèmes de prédilection : la bio-inspiration, autrement dit les solutions basées sur le vivant, avec des projets tels que « l’étude de la dégradation de plastique ou de mégots par les champignons ou la mise au point d’un système d’épuration d’eaux usées par les plantes. ». A noter, l’open factory est en train de se chercher un lieu de résidence au vert. Pour des réflexions pourquoi pas plus en prise avec le monde rural. Une ancienne ferme convertie en lieu culturel pourrait, à terme, les accueillir. Nous en saurons plus bientôt. Pendant ce temps là, l’atelier paysan sillonne déjà depuis bien longtemps la campagne.


 

 

Atelier, tiens, on a déjà prononcé ce mot là tout à l’heure.

En effet. Ici nous sommes bien loin de l’ancien maréchal ferrant même si on entend encore des coups de marteau dans le feu des forges. L’Atelier Paysan est une coopérative qui accompagne les agriculteurs dans la conception et la l’auto-fabrication de de machines et de bâtiments : elle se dédie aux pratiques de l’agro-écologie paysanne. Ces pratiques, souvent à petite échelle, sont très délicates à mettre en œuvre. Les scientifiques qui s’occupent d’agriculture sont encore souvent dépassés par leur complexité et les cultivateurs ne trouvent pas leur bonheur sur le marché des machines. Alors l’objectif de l’atelier paysan est d’appendre à fabriquer ensemble, de mettre en commun les savoir faire, de faire avancer les savoirs.

 

Ce printemps, la coopérative, comme elle le fait régulièrement tournée régionale et cette fois-ci, ce sera en Bretagne. Le principe : un tour des fermes, carnet en main, les yeux et les oreilles bien sorties des poches, pour une collecte des innovations techniques concernant la fabrication de matériel agricole. Elles seront ensuite mises en commun sous forme de modes d’emploi libres de droit. Et puis l’activité de l’atelier paysan c’est aussi des guides, des rencontres annuelles, des ateliers d’initiation à différentes techniques telles que la soudure à l’arc ou bien encore, l’arduino.

 

Arduino : nous voici de retour dans le monde numérique

L’arduino, c’est le petit nom de la programmation numérique centralisée d’une mécanique quelconque. De quoi fabriquer soi-même, pourquoi pas, un jour, une bineuse automatique pour passer moins de temps à désherber entre les rangs.

 

Vous pourrez retrouver les références des acteurs cités aujourd’hui sur la page du miroir des sciences et sur entremeles.fr.

Et l’atelier paysan pour une rencontre nationale en Beauce, les 19 et 20 mai prochain.

 

L’UBO open factory

https://uboopenfactory.univ-brest.fr/

L’atelier paysan

https://www.latelierpaysan.org/

LA charte des Fab Lab

http://fab.cba.mit.edu/about/charter/

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :