Monozygotes, dizygotes et sesquizygotes #10 avril 2021

La chronqiue de Damien Bouëvin, fondateur de Nemeton, le biolab de Grenoble

Bonjour à toutes et à tous, j’espère que vous allez bien en ce samedi matin à l’heure du marché ou parfois du petit déjeuner.

Aujourd’hui, nous avons parlé jumeaux, jumelles. Nous avons parlé de gémellité. Dans cette chronique aujourd’hui, personnellement je vais plutôt vous parler de tout ce qui est autour de ce qu’on pourrait qualifier de gémellité classique. Gémellité incomplète, en miroir ou même inverse de la gémellité. 

Commençons ce petit tour d’horizon des gémellités alternatives avec un premier cas de figure, la superfécondation hétéroparentale. Nous retrouvons là les mêmes “acteurs habituels” mais les nombres et les rôles changent et ça change tout. 

À la base, deux jumeaux dizygotes sont deux jumeaux qui ont grandi dans le même utérus, ne partagent pas le même patrimoine génétique mais ont le même père et la même mère. Ils ou elles sont issues de deux ovules provenant de la mère et qui sont fécondés par deux spermatozoïdes provenant du père. Dans le cas de notre superfécondation hétéroparentale, ces deux ovules provenant de la mère sont fécondés par deux spermatozoïdes provenant de DEUX pères différents. Les deux enfants ainsi conçus sont donc jumeaux et demi-frères ou demi-soeurs.

Monozygotes, dizygotes, ce sont là les gémellités les plus connues. En l’occurrence, elles sont synonymes de patrimoine génétique similaire ou différent. Mais saviez-vous qu’il existe un troisième type de gémellité, les jumeaux sesquizygotes. Reprenons nos pions et jouons une partie différente, dans le cas d’une gémellité sesquizygotes, nous avons un ovule issu d’une mère. Et fait exceptionnel, DEUX spermatozoïdes différents qui arrivent à rentrer en son sein et à la féconder. Si l’ovule survit à cela, elle va alors se diviser en trois cellules. Un embryon ovule / spermatozoïdes A, un embryon ovule / spermatozoïde B et un dernier embryon ovule / spermatozoïde A / spermatozoïde B qui lui ne survivra pas. On se retrouve ainsi avec deux jumeaux en grande partie identiques génétiquement mais pas complètement. Ni complètement monozygotes, ni complètement dizygotes. Comme deux jeux de cartes dont la moitié des cartes seraient dans le même ordre mais pas l’autre moitié.

Continuons notre tour des cas étonnants plus en avant. Chez certains jumeaux monozygotes, celles et ceux qui partagent donc un patrimoine génétique identique, il peut arriver un phénomène rare dit des “jumeaux en miroir”. 

Lors de la formation de jumeaux monozygotes, un ovule fécondé par un spermatozoïde se sépare en deux au tout début de la formation de l’embryon. En résulte deux fœtus au patrimoine génétique identique. Mais si cette séparation a lieu plus tard et que celle-ci reste viable, il peut alors se passer un phénomène étonnant. Les deux jumeaux monozygotes qui se forment sont identiques le long d’un axe. Non content de se ressembler peut-être encore plus que des jumeaux classiques, l’un des deux à ses organes internes inversés par rapport à l’autre. Cœur à droite, foie à gauche, c’est ainsi tout son corps qui est le juste miroir de celui de l’autre.

Et enfin, peut-être le plus étonnant pour la fin, l’inverse du phénomène de gémellité, le chimérisme. Lorsque deux embryons de jumeaux dizygotes se côtoient de trop près, ils peuvent fusionner en un seul foetus. Et oui, on se retrouve ainsi avec deux personnes en une. La personne atteinte de chimérisme présente ainsi des parties du corps avec des patrimoines génétiques différents voir des phénotypes différents comme une pigmentation de la peau légèrement différente sur une partie du corps. Mais dans l’immense majorité des cas, la personne en question ne se rendra peut-être jamais compte qu’elle est une chimère. Ainsi la plupart du temps, les cas sont découverts par hasard lors d’examens. Ce qui donne par exemple des pères qui découvrent qu’ils sont l’oncle de leurs fils. 

Que pouvons-nous retenir de tout cela ? Et bien qu’au pays des brassages génétiques, beaucoup de scénarios sont permis. Et que statistiquement sur presque 8 milliards d’êtres humains, beaucoup de combinaisons sont possibles. Alors trinquons nos mugs de café au hasard et à très bientôt.

Les jumeaux #10 avril 2021

Plus de 1,6 million de paires de jumeaux naissent chaque année dans le monde, soit 3,2 millions d’enfants jumeaux ; près d’un bébé sur 40 est un jumeau. Et nous sommes en plein ‘jumeaux boom » : le taux de naissances gémellaires n’a jamais été aussi élevé dans le monde.

Pour en parler, nous sommes en studio avec deux responsables de l’association Jumeaux et Plus 38 :
• Claudine Bevilacqua, mère d’1 fille et un d’1 garçon nés à la fin des années 90
• Sarah Montaudon, mère de 3 enfants

Gilles Pison, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle et à l’Institut national d’études démographiques, cosigne une étude sur les jumeaux qui révèle que le taux de gémellité, dans le monde, a augmenté en trente ans, passant de 9,1 accouchements gémellaires pour 1000 accouchements au total dans les années 1980 à 12,0 dans les années 2010.
Il est avec nous par téléphone, ainsi que Yannick Leick, lui aussi parent de… jumeaux !
Et dans sa chronique, Damien Boëvin, fondateur de Nemeton, le biolab de Grenoble, évoque les jumeaux monozygotes, dizygotes et… sesquizygotes.

« Pic de jumeaux : le taux de naissances gémellaires n’a jamais été aussi élevé dans le monde » “Twin Peaks: more twinning in humans than ever before”, by Christiaan Monden, Gilles Pison and Jeroen Smits. Human Reproduction. doi:10.1093/humrep/deab029

Une machine de Turing pédagogique #3 avril 2021

Dans ce podcast, nous faisons la connaissance de Thierry Delattre. Ancien prof de maths appliqué. il vient de mettre au point une machine de Turing. Vous pouvez la découvrir sur le site internet machine-de-turing.fr ou sur facebook et twitter @machinedeturing

On dit souvent que le constructeur d’ordinateurs Appel, avec son logo figurant une pomme croquée aux couleurs de l’arc-en-ciel, rend un hommage crypté au mathématicien homosexuel Alan Turing, l’un des plus grands esprits du XXe siècle, qui mit fin à ses jours le soir du 7 juin 1954 en mordant dans une pomme imprégnée de cyanure.

Alan Turing (1912-1954) est considéré comme le père de l’informatique, l’inventeur de l’ordinateur programmable. Décerné chaque année, un prix qui porte son nom est considéré comme le Nobel de l’informatique. 

Durant la seconde guerre mondiale, Alan Turing a su casser Enigma, la machine utilisée par les Allemands pour crypter leurs communications. Il a ainsi donné aux Alliés un avantage décisif, notamment dans la bataille de l’Atlantique. 

Turing entouré d’une équipe de brillants autres mathématiciens s’attaque dès 1939 à un jeu de logique et de mécanique qui peut sauver des milliers de vies. Ils doivent inventer une machine qui, chaque jour, désignera une clé parmi les 159 milliards de milliards de possibilité du système de codage Enigma. Cette clé doit permettre aux Alliers de décoder les messages secrets entre l’Etat-major nazi et ses sous-marins. 

Le film « Imitation Game » raconte cette épopée et souligne le dilemme qui se pose à Turing et son équipe dès lors qu’ils sont capables de livrer cette clé chaque jour, à partir de 1941 :  ne livrer qu’une part infime des informations mises au jours pour que les Nazis ne soupçonnent jamais qu’on les espionne. Sans quoi le canal Enigma aurait tôt fait d’être « pollué » par ce qu’on appellerait aujourd’hui des fake news destinées à embarqués les Alliés sur de fausses pistes.

Les trois visages du mensonge en statistique #27 mars 2021

Thomas Burger est spécialiste du traitement des données au CNRS Grenoble Alpes. Pour lui, comme pour la plupart des chercheurs, il est bien entendu que les statistiques sont un outil essentiel pour valider les résultats expérimentaux. Cependant, dans un contexte où les découvertes scientifiques sont parfois perçues comme des opinions subjectives, voire comme des faits alternatifs, possiblement forgés de toute pièce, Thomas Burger explique comment on peut faire mentir la science des données. Dans une conférence de février dernier à #MinatecGIANT campus, sur la presqu’ile scientifique de Grenoble, il a présenté ce qu’il appelle les trois visages du mensonge en statistique : le bateleur, le chasseur cueilleur et le chercheurLe Miroir des sciences RKS vous propose de ré écouter la conférence de Thomas Burger.Avec son collègue Thibaut David en maitre de cérémonie.

La physique restaure des objets archéologiques #20 mars 2021

Il existe à Grenoble un atelier dédié à la préservation et à la restauration d’objets du patrimoine, qui a su associer des techniques exceptionnelles, parfois uniques au monde, et le savoir-faire très particulier et très minutieux que nécessitent ces objets faits de matériaux organiques, notamment bois et cuir, et datant parfois de plusieurs milliers d’années.

Ce lieu de « sauvetage » s’intéresse aussi bien à des pièces détenues de longue date mais détériorées, qu’à des découvertes archéologiques récentes qui doivent être traitées sous peine de disparition imminente et irrémédiable.

Cet atelier, c’est ARC Nucleart (Atelier de recherche et de conservation – Nucleart), un groupement d’intérêt public grenoblois, qui vient de fêter ses 50 ans d’activité. 50 ans au service de cet héritage, c’est un travail de longue haleine, de précision et de patience : un objet passe souvent plusieurs mois à plusieurs années dans les locaux de l’atelier. Afin de comprendre comment se déroule ce travail de préservation de notre patrimoine historique, Sébastien Berger a rendu visite aux professionnels d’ARC Nucleart.
A son micro, ils nous racontent comment ils ont redonné vie à une roue. Une roue de l’époque romaine qui, en son temps, a fait rouler un char (celui de Ben Hur peut-être ?), avant de s’endormir au fond du Rhône pendant près de 2000 ans, pour nous parvenir presque intacte.

Villes en transition #13 mars 2021

Plus de la moitié de l’humanité – soit 3,9 milliards de personnes – vit aujourd’hui dans les villes. D’ici 2050, les villes accueilleront 2,5 milliards de citadins de plus, ce qui rendra le monde, urbain à près de 70 %. Face aux défis climatiques, face aux défis énergétiques, face aux défis culturels aussi, les villes sont en transitions. 

Et Grenoble n’est pas en reste. Depuis 2017, la métropole dauphinoise s’adresse au monde et appelle ses homologues à se mobiliser. La prochaine biennale des villes en transition est organisée par Grenoble du 1er au 4 avril. On en parle ce samedi 13 mars, au Miroir des sciences avec :

Deux jeunes ambassadeurs de l’opération :

  • Damien Bouëvin, fondateur du biolab de Grenoble Nemeton, et bien connu des auditeurs pour ses chroniques mensuelles au Miroir des sciences,
  • Marine Bellon, étudiante à SciencePo Grenoble.

Et deux élus de la ville de Grenoble :

  • Maude Wadelec, Conseillère municipale déléguée au Réseau des villes en transition,
  • Antoine BACK, Adjoint aux risques, à la prospective, à l‘évaluation et aux nouveaux indicateurs, à la stratégie alimentaire.

La science avec ELLES #6 mars 2021

« On s’est demandé, dit-il, si la petitesse du cerveau de la femme ne dépendait pas exclusivement de la petitesse de son corps. Pourtant il ne faut pas perdre de vue que la femme est en moyenne un peu moins intelligente que l’homme. Il est donc permis de supposer que la petitesse relative du cerveau de la femme dépend à la fois de son infériorité physique et de son infériorité intellectuelle » Ainsi parlait Paul Broca, médecin et anatomiste français, dans la seconde moitié du 19ème siècle.  On se demande comment un scientifique peut proférer des propos aussi absurdes, mêlant les faits à une opinion radicale et personnelle. 

Lire la suite « La science avec ELLES #6 mars 2021 »

La blockchain, la confiance décentralisée… # 3 mars 2021

J’ai répondu présent et accepté de lui rendre service…Et voilà moi donc, il y a à peu près deux semaines, en train d’acheter pour la première fois…une cryptomonnaie !

Une cryptomonnaie, pour ceux qui ne connaissent pas le terme, est une devise électronique émise par des ordinateurs, sans nécessite de banque centrale, autorité financière ou qui que ce soit. Les cryptomonnaies sont exploitables sur un réseau informatique décentralisé : la BLOCKCHAIN . Il est très important souligner cette notion de décentralisation car grâce à ça, et au cryptage, ce réseau et réputé inviolable !

Les monnaies virtuelles ont la réputation d’être très volatiles, sans lien avec le monde « réel »

Pour cette première expérience, j’ai choisi une cryptomonnaie dite stable, ancrée sur le dollar américain. Je n’étais pas de tout serein ! Je vérifiais minutieusement chaque étape avec beaucoup méfiance…la boule au ventre ! 

En quelques clics, j’ai pu créer mon portefeuille numérique. J’ai pu aussi transférer des actifs instantanément et presque sans frais. Plus de commission à payer à droite et à gauche, pas de frais de dossiers ni de frais de change…simple, rapide et efficace ! (et légal ?!) 

J’en ai profité au passage pour me procurer un autre actif virtuel, celui-ci plus instable et volatile. A peine 10 jours après, je suis déjà plus riche de quelques 15 euros ! Voilà un crypto trader réussi !

On voit de plus en plus d’entreprises qui acceptent des paiements en cryptomonnaie, ces oscillations sont plutôt néfastes pour leur adoption…

En effet. L’exemple le plus récent : Tesla a échangé une partie de sa trésorerie en bitcoins et a fait flamber le cours de cette monnaie, prise d’assaut par des investisseurs…La spéculation financière est un usage détourné des cryptomonnaies, dont le but est d’éliminer tout intermédiaire et d’assurer des transactions complètement indépendantes et sécurisées.

Il est important de noter néanmoins que la blockchain, la technologie derrière toutes ces cryptomonnaies, a beaucoup plus d’applications…une infinité ! Elle perce dans plusieurs secteurs d’activité notamment ceux pour lesquels la traçabilité est importante. Par exemple, la blockchain est capable de détecter des falsifications…les cas d’usage liés à la logistique et à la chaine d’approvisionnement se multiplient.  Il y a même des entreprises qui proposent de tracer l’origine de l’énergie que l’on consomme pour s’assurer qu’il s’agit bien de sources renouvelables. Les labels d’appellation d’origine contrôlée pourraient aussi se transformer en empreinte numérique, afin de prévenir la contrefaçon. Ces solutions ont déjà été testées sur du cuir et des médicaments. (Source : IBM)

On peut imaginer des applications dans le secteur public et pour lutter contre la fraude fiscale…des possibilités innombrables !

Au-delà des questions juridiques (parfois géopolitiques) posées par l’utilisation des ordinateurs à la place des banques, des comptables, des notaires et même des politiciens, la blockchain va bouleverser la société. Voyons bien : on parle d’un réseau qui transmet de la confiance !

La blockchain pourrait, en effet, être le pilier d’une grande transformation sociétale. La concrétisation d’une tendance qu’on a vu apparaitre dans les années 90 mais qui a été accélérée par la crise Covid : le commerce basé sur des valeurs ! Des échanges faits sur la base des causes et des idées que l’on tient à cœur. On veut s’assurer par exemple qu’on ne finance pas la déforestation de l’Amazonie avec notre bague en or, ou qu’on ne profite pas du travail forcé des Uighurs en Chine avec nos téléphones portables et qu’on ne finance pas des élites corrompues en faisant le plein d’essence de notre voiture…bref

Cette consommation engagée semble être le successeur de la mondialisation et de son modèle de libre-échange. Or la blockchain est une technologie (peut-être la seule) capable de nous donner la traçabilité des échanges commerciaux nécessaire pour cela. On aura besoin de plus d’ordinateurs et d’ordinateurs plus puissants…voilà une autre idée d’investissement spéculatif ! Et d’éducation…pour que cette technologie ne profite pas seulement à un tout petit groupe qui saura s’en servir.

Je voudrais vous raconter une petite histoire (vraie), une expérience, qui commence avec un ami en détresse. Cet ami, entrepreneur, dans un pays lointain, m’a demandé de l’aide pour stabiliser sa trésorerie pendant ces temps de crise.

Chronique de Rafael Varela, 3 mars 2021

Paul Robach, chercheur d’altitude #20 février 2021

On se demande bien pourquoi l’humain cherche à aller sur Mars, il paraît que c’est invivable ! D’ailleurs, même sur notre bonne vieille Terre, dès que l’on s’élève de quelques kilomètres au-dessus du niveau de la mer, le corps humain doit mettre en place des mécanismes d’adaptation, notamment pour pallier la raréfaction en oxygène.

Le Miroir des sciences prend de l’altitude cette semaine en recevant un guide de haute montagne, formateur à l’Ecole nationale de ski et d’alpinisme, qui mène des recherche sur ces mécanismes d’adaptation et sur l’effet de l’altitude sur notre organisme. Paul Robach nous explique comment cette prise de hauteur peut troubler notre jugement, et pourquoi il est inutile de prendre des somnifères à la veille d’une épreuve d’alpinisme. Nous voyagerons en sa compagnie du Pérou à l’Antarctique, en passant par les WC au départ des ultra-trails ! Une émission présentée par Sébastien Berger et réalisée par Marie pour RKS.

Biennale des villes en transition #13 février 2021

La chronique de Damien Bouëvin, fondateur du biolab de Grenoble, Nemeton : Aujourd’hui, on va parler transition, on va parler de la Biennale des villes en transition et plus particulièrement des ambassadeurs et ambassadrices jeunes de cet événement dont je fais partie. 
C’est l’anglais Rob Hopkins qui en 2005 à théorisé ce concept de “transition écologique” dans son ouvrage “The TransitionHandbook: From Oil Dependency to Local Resilience”. D’abord pensé pour permettre aux villes de faire face au pic pétrolier et au dérèglement climatique, le concept de transition écologique a été décliné progressivement dans de nombreuses sphères économiques et sociales. La transition écologique recouvre dorénavant autant la transition énergétique que la transition industrielle et la transition agro-alimentaire.

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